Stagiaire
Dédicacé à Monsieur et Madame Maugerard
Juillet
1er juillet
J'arrive à Strasbourg le matin du 28 juin et dispose d'une demi-journée avant de continuer mon voyage vers Dijon. Heureusement, j'ai voyagé léger, un simple sac à dos sur les épaules. Me voilà libre de flâner dans les rues pittoresques, sans être encombré par des bagages. Je me laisse guider par mon instinct, déambulant au hasard des ruelles pavées et des places animées. Je découvre la Petite France, ses canaux paisibles et ses maisons aux couleurs pastel. Je me promène sur les quais, admirant la vue sur le Rhin et les ponts couverts.
11 juillet
Elle m'est apparue en rêve, cette Québécoise aperçue furtivement sur le campus de Landau. Un souvenir fugace transformé en une image romantique, flottant dans les brumes du sommeil. Était-ce le simple fruit du hasard ou un message subliminal de mon subconscient ?
13 juillet
Deux semaines en France et déjà l'épuisement me gagne. L'appartement est un taudis et le vacarme de l'autoroute, un véritable supplice. Chaque jour, le ballet incessant des poids lourds, des tracteurs et des motos me prive de sommeil et d'énergie. La France, terre de rêve, se transforme en une cage étouffante.
14 juillet
Le moral est en berne, l'enthousiasme s'est évaporé. La flemme d'écrire et de créer s'installe sournoisement. Mon français approximatif me paralyse dans les interactions sociales. L'isolement de l'Allemagne m'a coupé du monde et m'a rendu asocial. Suis-je condamné à la solitude et au malheur ? La question me hante et la réponse semble implacable.
16 juillet: Une invitation bienvenue
Enfin une invitation ! Monsieur Maugerard, un voisin que je croisais souvent sans jamais vraiment converser avec lui, m'a convié chez lui pour une après-midi de discussion. L'occasion rêvée de briser la monotonie de mon isolement social et d'en apprendre davantage sur cet homme mystérieux.
Deux heures durant, nous avons conversé autour d'un café fumant. Monsieur du Bois m'a captivé avec ses récits de vie, ses anecdotes d'enseignant et ses souvenirs de voyages lointains. Ses paroles étaient empreintes de sagesse et d'une certaine mélancolie qui m'a touché en plein cœur.
Ravi de cette rencontre enrichissante, nous avons convenu de nous retrouver le lendemain pour une baignade dans le Doubs. L'espoir d'une nouvelle amitié naissait en moi.
17 juillet: Évasion au bord du Doubs
C'est sous un soleil radieux que nous nous sommes retrouvés, Monsieur Maugerard et moi, sur les rives du Doubs. La chaleur estivale et le chant des oiseaux créaient une ambiance paisible et relaxante.
Accompagnés de Léa, la chienne de Monsieur Maugerard, nous avons exploré les berges verdoyantes du fleuve. L'eau claire et limpide nous invitait à la baignade, et nous n'avons pas résisté à la tentation de plonger dans ses profondeurs rafraîchissantes.
Pendant trois heures, nous avons partagé confidences et réflexions sur la vie. Monsieur Maugerard m'a confié les secrets de sa vie familiale, y compris la douloureuse rupture avec sa fille, victime de schizophrénie. Son récit poignant m'a bouleversé et m'a permis de mieux comprendre sa personnalité complexe.
En fin d'après-midi, nous nous sommes quittés en promettant de renouveler cette escapade. Cette journée au bord du Doubs restera gravée dans ma mémoire comme une parenthèse enchantée dans un été parfois morose.
18 juillet: Solitude et frustration
De retour à la station avitailleur de St. Jean de Losne, je retrouve Jeanne déjà présente. Notre relation est teintée d'une certaine distance, ponctuée de rares échanges professionnels. La communication est laborieuse, entravée par ma timidité et mon débit de parole trop bas. Mes tentatives de conversation se soldent souvent par des maladresses ou des incompréhensions, accentuant mon sentiment de frustration. Rester dans ma bulle ne fonctionne plus, il est temps de briser la glace et d'établir un lien véritable avec Jeanne.
19 juillet: L'étreinte de la chaleur
Écrasé par la chaleur accablante, je suffoque dans ma chambre étouffante. La canicule, à trente degrés Celsius, imprègne chaque fibre de mon être. Mes membres, moites de sueur, s'agrippent aux draps comme pour échapper à cet enfer. Des mouches importunes tournoient autour de moi, se posant parfois sur ma peau nue, insensibles à mes gestes de chasse.
Le travail à la capitainerie s'est déroulé dans un calme plat, à peine troublé par quelques touristes égarés en quête de brochures. "Les Souffrances du jeune Werther" m'ont tenu compagnie, reflétant la mélancolie qui m'envahit. Chaleur, fatigue, manque d'énergie, envie de dormir... tels sont les maîtres mots de cette journée monotone. La peur d'un sommeil éternel s'insinue dans mon esprit, nourrissant mon inquiétude.
20 juillet 2020 : Rêve et réalité
Un rêve oppressant m'a hanté la nuit dernière. Un homme se transformait en bête sauvage et dévorait son compagnon après avoir ingéré un aliment inconnu. Mon sommeil a été perturbé, ponctué de multiples réveils. Mais le jour qui se lève me remplit d'une énergie nouvelle. Ce jour sera un succès, je le sens !
Souvenirs d'automne
L'automne 2019... Des journées entières passées dans mon petit appartement, à regarder des feuilletons télévisés qui se succédaient sans fin. Ils étaient mon échappatoire, un moyen d'oublier ma misère et la maladie mortelle qui rongeait mon père. Il est difficile de croire que ces événements se sont déroulés il y a seulement un an. J'ai vécu les pires moments de la vie, mais me voici, un an après, sorti de l'abîme du désespoir, plus fort que jamais.
23 juillet 2020 : Folie et piqûre
Quelle journée ! Hier, en arrivant à la station, j'ai découvert un trou béant dans le mur. Après inspection, j'ai compris que le climatiseur avait été volé pendant la nuit ! Les bandits se sont contentés de cet appareil, laissant les autres intacts. Le bungalow est maintenant en plein soleil et se transforme en étuve l'après-midi. Je suis en nage dans cette chaleur infernale. Des gars de Rives de Saône sont venus pour boucher le trou avec une plaque. Adieu la fraîcheur bienfaisante !
Comble de la journée, je me suis fait piquer par une guêpe. Quelle journée !
25 juillet 2020 : Panique
"Le moteur est tombé à l'eau !" hurle l'homme au bout du fil. Il me demande de venir en aide aux deux filles qui étaient parties il y a quelques minutes avec le bateau électrique. Je suis bouleversé par cette nouvelle. Je ne sais pas comment réagir et pressens déjà mon licenciement pour faute grave.
26 juillet 2020 : Chaos et désespoir
De retour à la capitainerie, j'espérais un peu de tranquillité. Mais dès le matin, c'est le chaos. Le téléphone n'arrête pas de sonner et les gens affluent. La dame qui souhaite payer l'appontage de son bateau me met les nerfs en boule. J'ai du mal à utiliser le nouveau logiciel de paiement et j'oublie même de mettre son nom sur la facture. Déjà énervé, je vois arriver un groupe de jeunes bruyants qui veulent acheter de tout : vins, glaces... Encore une fois, le logiciel me fait défaut (les instructions ont disparu de ma mémoire) et je ne peux cacher mon embarras. Ils calculent la somme eux-mêmes et je les vois partir avec soulagement. Ce n'est qu'après leur départ que je retrouve mon calme.
Je suis bouleversé par l'actualité en France. Violence gratuite, crimes atroces... Tout cela me fait douter de la nature humaine. Un conducteur de bus tabassé à mort, une fille écrasée par la voiture d'un fou... Je suis submergé par la tristesse en apprenant toutes ces nouvelles.
28 juillet
Une journaliste du Bien Public débarque à la station pour prendre des photos des bateaux électriques et de moi en vue d'un article sur la location.
Le revers de la médaille ? Maman m'appelle beaucoup trop souvent ces derniers temps. On dirait qu'on parle plus maintenant qu'on ne le faisait quand on vivait tous ensemble ! C'est agaçant, j'ai l'impression qu'elle étouffe ma liberté.
29 juillet : Vélos en panne et avalanche de plaintes
En plus de mon job à la capitainerie, je suis maintenant responsable de la location de vélos. Mais quelle galère ! Ces vélos bon marché tombent constamment en panne : chaînes qui déraillent, pompes qui ne marchent pas, pièces qui se détachent... La liste des plaintes des clients ne cesse de s'allonger. Comment gérer une telle situation ?
30 juillet : Étourderie et honte
La chaleur et mes problèmes de sommeil accentuent mon étourderie naturelle. J'ai peur que ça finisse par agacer tout le monde et me retourne contre moi. J'ai honte de mes bêtises et j'ai du mal à trouver des excuses. La perte de la clé du ponton en est un exemple flagrant. Jeanne, qui était à la station après moi, a dû me dépanner. J'étais mortifié !
Que pense-t-elle de moi ? J'ai l'impression de la hanter. Après une journée pareille, je me sens indigne d'exister. Une erreur de la nature. Je suis mon propre ennemi, le seul responsable de mes problèmes.
Un dîner au bord du lac qui tourne mal
Le soir même, six employés de l'office de tourisme, dont moi, sommes conviés à un dîner au bord du lac de Chour. Déjà déprimé par l'histoire de la clé, j'ai du mal à me forcer à être sociable. Je suis assis au milieu de la table, silencieux, et je me contente d'écouter les autres parler.
A la fin du repas, surprise : tout le monde a déjà payé son addition sauf moi ! Il s'avère que la directrice m'a invité. Mais pourquoi cette générosité ? J'ai l'impression qu'elle me prend en pitié.
Le summum de l'humiliation arrive quand la serveuse dépose la facture sur la table. Mon repas est pris en charge par la directrice. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ce dîner est le pire de ma vie.
Un sentiment d'inutilité et de solitude
Je me sens de plus en plus inutile et seul. J'ai l'impression de ne rien faire de bien, de ne pas être à la hauteur. La moindre erreur me semble insurmontable.
J'ai besoin de me ressaisir, de trouver un moyen de sortir de cette spirale négative. Mais comment ?
Note : J'ai essayé de rendre le texte plus intéressant en ajoutant du rythme, en utilisant un vocabulaire plus précis et en variant les phrases. J'ai également ajouté quelques éléments pour mieux cerner les sentiments et les pensées du personnage.
Août
2 août : Nouvelle rencontre avec M. Maugerard
Le travail me préoccupe ces derniers temps. Les soucis s'accumulent et j'ai peur de perdre mon poste. De plus, j'ai reçu mon bulletin de salaire et le montant indiqué est erroné. Il manque environ 150 euros, ce qui ne correspond pas aux heures que j'ai effectuées en juillet. J'espère pouvoir éclaircir cette situation la semaine prochaine.
Un autre point me trouble : on m'a donné un vélo pour me rendre au travail, alors qu'une liaison ferroviaire existe entre les deux villes. Après avoir discuté avec la directrice, j'ai même dû avancer l'argent pour l'abonnement mensuel de train. Tout cela me semble suspect. J'espère que je serai remboursé.
4 août : Un cauchemar matinal
Ma journée a viré au cauchemar ce matin. Un auditeur des finances publiques est venu à la station avant l'ouverture, à huit heures, et est resté jusqu'à midi. Ce fut un véritable supplice psychologique.
Au début, il essayait de se montrer aimable et sociable, s'intéressant à moi, faisant des blagues et parlant d'histoire. Mais l'atmosphère a vite viré au vinaigre. Je restais muet, répondant uniquement à ses questions sur les factures et la comptabilité.
Très vite, il a trouvé plusieurs fautes et incohérences. J'ai dû m'expliquer, mais j'étais tellement stressé que je bafouillais. Jeanne, qui avait congé ce jour-là, a été appelée à la rescousse.
Lorsque l'auditeur est finalement parti à midi, j'étais épuisé, à bout de forces.
Tirer des leçons
Cet événement est un véritable avertissement. Il est impératif que je travaille avec plus de rigueur et de discipline pour éviter de revivre un tel cauchemar. Seules des méthodes de travail irréprochables me sauveront de l'enfer à l'avenir.
Ce fut sans aucun doute l'expérience la plus douloureuse de cet été. Il est essentiel que j'en tire des leçons pour ne pas avoir souffert en vain.
6 août : Déjeuner chez M. Maugerard et rencontre avec son épouse
Comme chaque jeudi, je me suis rendu chez M. Maugerard pour le déjeuner. Sa femme, de retour à Seurre, était présente pour la première fois. J'ai eu le plaisir de faire sa connaissance et de partager un repas convivial avec eux.
7 août : Bonne nouvelle et discussion politique
Une excellente nouvelle m'est parvenue aujourd'hui : ma bourse Erasmus a été approuvée ! Je vais recevoir environ 1500 euros, ce qui est bien plus que je ne l'espérais. Avec cette somme, je devrais atteindre 10 000 € d'épargne d'ici fin septembre. C'est une chance inespérée !
Pour obtenir cette bourse, j'ai dû souscrire une assurance accident. Ma tante m'a heureusement aidée à trouver un tarif abordable, ce qui n'affectera pas trop mon budget.
Au cours du repas, nous avons également discuté de la politique en Russie. J'ai été surpris de constater que Mme Maugerard restait une partisane acharnée de Poutine, malgré les événements récents dans le pays. Il semble que rien ne puisse la faire changer d'avis.
8 août : Changements à la station et erreurs de facturation
La station a connu plusieurs changements ces derniers temps. Un nouveau logiciel de paiement a été installé, mais il s'avère défectueux. Nous avons du mal à clôturer les factures et les montants ne sont pas toujours corrects.
Jeanne, qui était avec moi ce matin, a fait de son mieux pour m'expliquer le fonctionnement du nouveau logiciel. J'étais un peu perdu face à tous ces changements, mais j'espère m'y habituer rapidement.
Le problème de la caisse a heureusement été résolu : Jeanne a retrouvé les 2 euros manquants. Elle m'a également montré les erreurs que j'ai faites lors de l'encaissement des droits de mouillage. Je ferai de mon mieux pour éviter de tels soucis à l'avenir, car ce poste est très important pour moi et représente de grandes opportunités pour mon avenir professionnel.
Le problème de la caisse a heureusement été résolu : Jeanne a retrouvé les 2 euros manquants. Elle m'a également montré les erreurs que j'ai faites lors de l'encaissement des droits de mouillage. Je ferai de mon mieux pour éviter de tels soucis à l'avenir, car ce poste est très important pour moi et représente de grandes opportunités pour mon avenir professionnel.
20 août : Rencontre avec la famille Maugerard
Aujourd'hui, j'ai rencontré le fils et la belle-fille de M. Maugerard. Cette dernière était vraiment charmante, et pour la première fois en France, j'ai osé la bise ! Nous avons bavardé de tout et de rien, y compris de la politique et du virus. Malheureusement, j'étais un peu trop timide et je ne me suis pas autant impliqué dans la conversation que je l'aurais souhaité. Il faut que je sois plus actif à l'avenir ! Ne sois pas si insipide ! Montre ton vrai visage aux gens ! Certains te trouveront peut-être antipathique, mais d'autres te apprécieront. L'insipidité, en revanche, déplaît à tout le monde. Fais ton choix !
21 août : Nouvelles et émotions
Avec les manifestations en Biélorussie et l'empoisonnement de Navalny, je ressens le besoin de rester au courant de tout ce qui se passe en Russie et en Biélorussie. Je suis même devenu accro aux nouvelles et je passe des heures entières sur YouTube. Est-ce que je cherche à remplacer l'insipidité de ma propre vie par les émotions violentes et les bouleversements qui se produisent dans la vie d'autrui ? Faut-il que je m'arrête ?
22 août : Soulagement financier
La somme de 1500 euros a été transférée sur mon compte bancaire. Erasmus ne m'a pas déçu ! Maintenant, il faut que j'atteigne la fin septembre sans me faire trop de mal, sans me faire virer et sans me sauver d'ici. J'attends ce moment béni avec beaucoup d'impatience.
23 août : Spirale infernale
Oublier d'enregistrer les ventes de mouillage... Encore. La peur du licenciement me serre la gorge. Auront-ils la patience de me supporter une fois de plus ? Pourquoi suis-je incapable de suivre les procédures si simples de mon poste ? Je dois tenir jusqu'à fin septembre. Si je démissionne maintenant, je suis foutu.
Ce job saisonnier était une chance, mais le stress me ronge. Je me ressasse les mêmes phrases : "Il faut te réinventer, changer tes comportements." Mais ai-je déjà réussi à le faire ? Je ne peux pas continuer ainsi, c'est trop pesant. Je dois briser ce cercle vicieux avant qu'il ne me détruise.
Retourner en Allemagne aigri et amer n'est pas envisageable. Je ne veux pas empoisonner mon nouveau départ à Leipzig, gâcher mes chances d'amitié et d'amour.
Dale Carnegie, à la rescousse ! Il est temps de relire ses conseils et de trouver la force de me sortir de cette spirale infernale.
Septembre
3 septembre
Aujourd'hui, j'avais la lourde responsabilité de former la nouvelle employée qui prendra ses fonctions dès demain. Un mélange d'excitation et d'appréhension m'animait tandis que je lui expliquais les rouages de notre petit monde.
9 septembre
L'étourderie et la négligence semblent être les maîtres-mots de ce jour automnal. Accablé de reproches, je me perds dans un labyrinthe de doutes et d'incertitudes. Où se situe la frontière entre mes erreurs réelles et les accusations injustes ? Dans cette confusion grandissante, je suis le principal accusé. Une question lancinante me taraude : suis-je atteint de TDAH ? Je prie des dieux inexistants que cette hypothèse soit la bonne, afin de recevoir enfin le soutien et les soins dont j'ai tant besoin. La tristesse m'enveloppe comme un manteau de plomb, et l'espoir semble s'éloigner chaque jour davantage.
11 septembre
René, Patricia et moi avons enfin pris la route pour les montagnes du Jura. Ce voyage, tant attendu depuis des semaines, a failli être maintes fois reporté. Mais cette fois, c'est la bonne : nous sommes en route pour l'aventure !
13 septembre
Mes pertes de mémoire se font de plus en plus inquiétantes. En quittant l'office de tourisme, j'ai un horrible doute : ai-je bien fermé la porte derrière moi ? La peur de l'oubli me ronge et me rend anxieux.
20 septembre : Cinq jours et puis s'envole...
Le compte à rebours est lancé : plus que cinq jours à la station de Saint-Jean-de-Losne et je serai enfin libéré ! Un sentiment de bonheur m'envahit à chaque pensée de ce nouveau départ. Leipzig, me voici !
Là-bas, une nouvelle vie m'attend. D'abord, la recherche d'un traitement pour le TDAH et autres troubles qui me hantent. Ensuite, l'organisation et la préparation de l'opération à la jambe, moins urgente mais tout de même importante.
Je suis reconnaissant d'avoir traversé ces épreuves sans trop de dégâts. J'ai enfin compris qu'il était crucial de prendre mes faiblesses et mes troubles cognitifs au sérieux. Le séjour aurait pu virer au cauchemar à maintes reprises, mais la présence de René a été un véritable pilier. Il m'a aidé à garder l'équilibre et à me relever chaque fois que je sombrais dans la tristesse et le désespoir. Dans les moments les plus sombres, la dépression me guettait, prête à m'engloutir dans un trou sans fond.
Ces derniers jours, je me suis laissé envoûter par la nostalgie des années 90 en Russie. Tout a commencé avec la découverte du canal GouvHD sur YouTube, qui m'a conduit à la série "Brigada". Accro, j'ai passé des journées entières scotché à l'écran de ma tablette, oubliant la réalité qui m'entourait. "Жмурки" m'a ensuite plongé dans l'atmosphère décadente de Nijni Novgorod en automne. Pour terminer ce marathon cinématographique, j'ai dévoré deux films du réalisateur Alexeï Balabanov : "Brat" et "Brat II". En parallèle, je suis en train de lire "Pierre le Grand" de Henri Troyat, et me voilà transporté dans la Russie du XVIIIe siècle. C'est l'un des meilleurs livres que j'ai lus cette année, chaque phrase est un pur délice.
Leipzig, me voici ! J'ai hâte de commencer ce nouveau chapitre de ma vie, armé de mes expériences et d'une meilleure compréhension de moi-même.
26 septembre
Le besoin de me faire soigner pour un TDAH est devenu impérieux. Tout le reste passe au second plan face à cette urgence. Je ne peux plus continuer à vivre avec ce trouble qui me fait me mépriser et me haïr de plus en plus, sans aucune issue à ce cauchemar qu'est devenue ma vie. Les traitements et les médicaments existants me donnent l'espoir et la force de tenir bon.
Par-delà le drame des troubles mentaux
Je pense souvent à ma tante, fascinée par la Russie et méprisante envers presque tous les autres pays. Ses discours hautains sur la grandeur supposée d'un pays si peu développé dans plusieurs domaines me stupéfient. Ses propos méprisants sur les États-Unis m'obligent en quelque sorte à défendre un pays que je n'aime pas beaucoup moi-même.
30 septembre
Sauvé par l'amitié
La présence de René a été mon bouée de sauvetage. Sans lui, je serais probablement tombé dans les profondeurs de la dépression. Ces trois mois ont été les plus sombres et les plus tristes de ma vie. La chaleur étouffante de l'été contrastait cruellement avec la froideur glaciale des interactions sociales quotidiennes.
Chaque jeudi, René me sortait de ma torpeur. Ses conversations vives et son attention sincère à mon bien-être me ranimaient. Il était comme un soleil qui brillait à travers les nuages, réchauffant mon cœur et me rappelant que le bonheur existait encore.
Un simple café, une conversation banale, et pourtant, ces moments partagés avec René étaient d'une importance capitale. Ils me donnaient la force de continuer, de me battre contre la solitude et le désespoir.
Sa présence m'a permis de sortir la tête de l'eau. Je lui suis infiniment reconnaissant de m'avoir sauvé de la dépression et de m'avoir redonné espoir.
Sa présence m'a permis de sortir la tête de l'eau. Je lui suis infiniment reconnaissant de m'avoir sauvé de la dépression et de m'avoir redonné espoir.
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